VISITE : Peggy’s Cove, ce petit paradis lové contre l’Atlantique

 
Les cabanes de pêche de Pegg'ys Cove en Nouvelle-Ecosse

 


A moins d’une heure d'Halifax, Peggy’s Cove est l’un des villages de pêcheurs les plus emblématiques des Maritimes.

Lové sur la façade Est de la Nouvelle-Écosse, il offre un paysage d'une rare simplicité qui impose le silence. Connu pour son phare rouge et blanc posé sur d’immenses dalles de granit, les embruns viennent ici polir la roche depuis des millénaires. Les maisons de bois colorées se laissent patiner par le sel et le phare veille, immuable, sur une côte parmi les plus emblématiques du Canada.

Le village de pêcheurs de Peggy's Cove en Nouvelle-Ecosse
 

une leçon de paysage

Ce qui frappe en arrivant ici ce n'est pas seulement la beauté du décor mais le silence qui s’y diffuse. Un silence ponctué par le ressac, le cri des goélands et le souffle du vent qui balaie les immenses dalles de granit qui glissent doucement vers l’Atlantique.

Au milieu de ce décor presque abstrait : quelques maisons délicatement posées sur la roche, des cabanes de pêcheurs et un phare blanc coiffé de rouge. Rien de plus. Les pêcheurs continuent d'entretenir leurs casiers à homards, les bateaux oscillent doucement dans le port et les visiteurs discrets finissent eux aussi par adopter la paisibilité des lieux. On marche ici sans but, si ce n’est celui de contempler la beauté du site, attiré non pas par ce qui a été construit mais par la justesse avec laquelle tout s’y inscrit sans fracas.

dialoguer

En observant les hangars posés au bord de l'eau, les quais de bois usés par le temps et le sel et les casiers empilés devant les ateliers, on comprend que la beauté du village réside dans cette économie de moyens et dans cette manière presque instinctive de construire avec le climat, le vent et la roche.

On parle souvent d'architecture vernaculaire pour désigner des constructions nées d'un territoire avant même d'être pensées comme de l'architecture. Ici, chaque bâtiment raconte une manière d'habiter une côte exigeante, sans artifice. Les quelques constructions du village semblent avoir poussé entre les rochers plutôt qu'y avoir été déposées. Aucune ne cherche à dominer l'horizon ou à rivaliser avec l'océan. Face à un paysage aussi brut, on comprend qu’ici l'homme n'a jamais vraiment eu le dernier mot.

Les cabanes des pêcheurs de casiers de homards de Peggy's Cove en Nouvelle-Ecosse
Les ancres des pêcheurs de Peggy's Cove en Nouvelle-Ecosse
 
Les dalles de granit de Peggy's Cove en Nouvelle-Ecosse
Le village de pêcheurs de Peggy's Cove en Nouvelle-Ecosse
 
 

brian MACKAY-LYONS et la nouvelle ecosse

Cette simplicité de l’écriture architecturale des Maritimes a profondément nourri le travail de l’architecte Brian MacKay-Lyons. Natif de la région, il revendique depuis toujours une architecture ancrée dans son territoire. Ses maisons contemporaines dissimulées un peu partout dans la région reprennent les mêmes archétypes que les bâtiments agricoles et maritimes de la côte Atlantique : des silhouettes sobres, des matières brutes, une implantation juste et une présence discrète qui laisse toujours le paysage au premier rang. En parcourant le village de Peggy's Cove, on a parfois le sentiment de visiter le vocabulaire originel dont son œuvre est issue. Une écriture de la juste mesure.

(photos ci-dessous x4 : © William Green et Matt MacKay-Lyons)

Maison d'architecte en Nouvelle-Ecosse
Maison d'architecte en Nouvelle-Ecosse
 
Maison d'architecte en Nouvelle-Ecosse
Maison d'architecte en Nouvelle-Ecosse
 
 
 

OMAR GANDHI et peggy’s cove

Plus récemment, l’agence Omar Gandhi Architects a été chargée de repenser les parcours et belvédères de Peggy’s Cove.

Là où l’on aurait pu s’attendre à un geste architectural affirmé, le projet choisit au contraire la discrétion. Les nouveaux aménagements ne cherchent jamais à attirer l’attention du visiteur. Ils guident, protègent un paysage que son succès rend désormais fragile et trouvent naturellement leur place entre vie locale et tourisme.

C’est peut-être ce qui me touche le plus ici : la grande retenue d’une architecture qui ne cherche pas à rivaliser avec le paysage. Peggy's Cove rappelle qu'un lieu peut devenir remarquable précisément parce qu'il refuse d'en faire trop. Une manière d'occuper un territoire sans jamais le posséder, à l’équilibre, entre la force de la nature et l'humilité de ceux qui vivent avec elle.

peggys-cove-belvedere-omar-gandhi-nouvelle-ecosse.jpg
Le phare de Peggy's Cove au coucher du soleil en Nouvelle-Écosse
 
 

FAQ

  • Où se trouve Peggy's Cove ? A 1h au Sud d’Halifax.

  • Combien de temps prévoir ? Une demi-journée suffit.

  • Peut-on monter dans le phare ? Etant toujours en activité, la visite du phare n’est pas possible.

  • Quelle est la meilleure heure pour visiter Peggy's Cove ? Durant les heures dorées, quelques heures avant le coucher ou le lever du soleil.

  • Peut-on visiter Peggy's Cove depuis Halifax ? Le mieux est de louer une voiture pour silloner les sublimes routes qui mènent jusqu’ici. La route 333 qui longe le littoral découpé de la baie de St. Margarets est le plus bel itinéraire.

  • Comme venir en Nouvelle-Ecosse? En avion ou en train, directement depuis Montréal. L’article pour le voyage en train est d’ailleurs à retrouver juste ici.

© Photos Amandine BOIREAU

 
 
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